L'HOPITAL


Comme dans la plupart des hôpitaux les journées commençaient à 6h pour la prise de la température et remplacer la perfusion, plus tard la piqûre dans le ventre pour la coagulation (chose à laquelle je ne
me suis toujours pas habituée, au bout d'un mois mon ventre est rempli de bleus et de boules dures), et les poches pipi-caca étaient remplacées . L'après midi ma mère venait me rendre visite et me laver avec un gant et une bassine le reste de peau qui n'était pas plâtré et me donner à manger puisque je ne pouvait pas plier le seul bras de libre à cause de la perf, je me retrouvait comme un bébé.
La chambre était composée de 4 à 6 lits sans rideaux, sans séparations, j'ai dit au revoir à mon intimité et bonjour à une cohabitation atypique ; Une vielle dame malade d'Alzheimer qui comptait de un à dix et arrivée à dix recommençait (de jour comme de nuit), elle improvisait de drôles de prières, et lorsque qu'elle avait remplie sa couche et que les infirmier(e)s arrivaient pour la changer elle chantonnait une sorte de jingle « la voici la voilà, l 'odeur du café » et je vous assure, ça ne sentait pas le café.
Mon autre voisine était une jeune femme chinoise très sympa ,victime d'un accident, toujours à coiffer ses longs cheveux blonds et se mettre des faux cils. Ca paraît futile mais lorsque on est diminué c'est important de prendre soin de soi pour s'accepter. L'autre voisine était une vieille dame grognon/hater qui insultait la chinoise en dialecte sarde et se mettait à chanter régulièrement à tue-tête des chansons de son époque.
Les nuits étaient très longues, et pour moi qui avait l'habitude de me mettre sur le côté et sur le ventre pour dormir, rester à plat sans bouger était compliqué. Encore plus avec mes voisines.

Les journées et les mois passaient et j'ai reçu juste 2 visites de mes amis, et aucune de ceux pour qui je me déplaçais même à 1h du mat pour leurs peines de cœur.
A contrario, des inconnus (quelques visiteurs, 2 kinés qui s'occupaient d'une dame à côté de moi) touchés par ma situation et mon jeune âge m'ont offert des livres et quelques mots d'espoir ce qui m'a fait chaud au cœur .

Commentaires

Articles les plus consultés